Nouvelles technologies, enjeux pour la société et pour les retraité-e-s

Les nouvelles technologies informatiques modifient de fait nos comportements individuels et collectifs, nos manières d’être, de vivre, nos relations, notre rapport au temps, nos façons de penser… l’emprise est réelle. De façon insidieuse elles portent aussi atteinte à notre intimité et à nos libertés. Cette accélération majeure crée toutes sortes de situations et sollicite, avec une certaine brutalité, l’adaptation permanente de chacune et chacun. Difficile d’y échapper, il s’agit d’une véritable révolution. Est-elle réellement au service du progrès humain ?

La direction de l’UCR et son espace « Enjeux de société » investissent ces questions. De nouveaux besoins spécifiques aux retraité-e-s sont à déterminer. Des choix sociétaux sont à porter où l’humain demeure l’enjeu et l’acteur central. Des droits sont à conquérir, à commencer par celui de l’exigence du maintien et du développement de la présence humaine, entre autres, dans les services publics.

L’union confédérale des retraités CGT met à disposition une brochure qui restitue le travail de recherche et d’analyse d’Annie Bertelle, membre de l’espace UCR « Enjeux de société ».

Extraits

On peut s’interroger sur ce que l’humanité est en train de devenir avec le développement de la robotique, d’Internet, des réseaux sociaux… Pour la première fois, l’homme peut peser sur sa propre évolution : pour le meilleur si chacun, bien informé, peut intervenir, décider de l’avenir individuel et collectif, pour le pire si seules quelques firmes maîtrisent, décident, sans que personne ne sache rien des enjeux. On parle de « post humain », de « transhumanisme »

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Il y a un brouillage des frontières entre l’homme et la machine, ce qui interroge notre identité mais aussi l’égalité : qui peut et pourra avoir accès à ces technologies ? Va-t-on vers une réparation efficace de handicaps ou vers un supplément de puissance pour quelques-uns ?

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La révolution numérique, c’est aussi le réseau qui relie des milliards d’ordinateurs à travers le monde – l’homme augmenté fait place à l’homme câblé, mais alors il devient un humain sous surveillance. Chacun peut se trouver dévoilé dans ses goûts, ses habitudes, sa vie privée… Ceci à des fins commerciales ou de manipulations.

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Les luttes pour une humanité libre, égale et fraternelle sont plus que jamais à l’ordre du jour.

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Toute nouvelle technologie suscite enthousiasmes et inquiétudes. Elles soulèvent des problèmes éthiques. Que voulons-nous pour vieillir dans la dignité, la liberté, la fraternité, l’égalité… ?

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On le voit, ce que nous réalisons dépend de nous et plus que de choix techniques, il s’agit de choix politiques. Il est donc primordial d’impulser un débat en informant, en permettant des choix.
Il est indispensable de créer les conditions d’un contrôle sur les firmes placées au cœur de ces évolutions.

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Derrière des avancées incontestables possibles, la révolution numérique a enclenché un processus de mise à nu de l’individu au profit de quelques multinationales, américaines pour la plupart. Certes, les données collectées vont faire progresser les connaissances, mais les dérives sont nombreuses et redoutables.

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Un écart croissant s’est creusé entre la présence de technologies dans notre quotidien et le faible niveau de compréhension que nous en avons.
La révolution numérique a des effets positifs mais au prix de l’aliénation de notre vie privée. Nous sommes tenus à l’écart des enjeux car les firmes prospèrent à l’abri d’une certaine opacité. Les objets de notre vie quotidienne deviennent des aspirateurs à données : voitures, salons connectés, smartphones, enseignements à distance, caméras de la voie publique… Autant de données qui sont compilées et réutilisées à des fins mercantiles par l’industrie du Web, avec notre autorisation parfois mais aussi sans.

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L’intelligence artificielle devra être éthique et profiter au plus grand nombre. Il faut encadrer ses pratiques, mesurer ses effets sur l’emploi et la formation de demain. Mais au-delà de ces intentions pour certaines positives, des risques demeurent et sont peu discutés. E. Macron veut bâtir des champions français de l’I. A. (intelligence artificielle) et pour cela ouvrir des bases de données publiques (Sécurité sociale, HP/HP) mais… à des firmes privées. (…) Médecins, mutualistes, assureurs, souhaitent l’accès à ces données. Ils auront accès, comme Google et Facebook à un « HUB national », structure partenariale entre producteurs et utilisateurs des données de santé.
Ainsi des profils types pourront être fabriqués pour les données de santé. Comment les assurances et mutuelles vont-elles les utiliser?

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Il faut participer à la construction d’une nouvelle manière d’être ensemble. Le numérique contribue à une pensée planétaire mais c’est aussi un facteur d’inégalité. La fracture numérique existe : entre les pays du sud (60 à 70 % de la population mondiale n’a pas accès à Internet) et les autres, entre les générations, entre les jeunes et les plus âgés notamment.

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Les choix technologiques doivent être soumis au débat démocratique. Ce ne sont pas les algorithmes qui doivent décider. La gouvernance par le calcul plutôt que par la loi n’est pas un avenir souhaitable pour l’humanité.

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