Les entreprises du CAC 40 ont reversé 72 % de leurs bénéfices aux actionnaires en 2023.
Depuis 2017, les actionnaires ont perçu une hausse de rémunération de 111 % alors que les effectifs globaux (de salariés) du CAC40 n'ont augmenté que de 13 %.
Stellantis : 18,6 milliards d’euros de profits, + 11 %
Carrefour : 1,6 milliard d’euros de profits, + 23,1 %
Axa : 7,1 milliards, + 45 %.
En un an, les actions des quarante plus grosses cotations boursières ont grimpé de plus de 17 %.
L’indice phare s’est hissé pour la première fois, le 14 décembre dernier, au-dessus des 7 600 points, après avoir franchi les 7 500 points en avril.
Les géants de l’indice parisien ont versé près de 100 milliards d’euros de dividendes, un record historique : une hausse de plus de 20 % par rapport aux montants reversés en 2022 (source :
Pour la première fois de son histoire, l’indice qui reflète les capitalisations des 40 plus importantes entreprises françaises a dépassé les 8 000 points (mars 2024). Non seulement ce n’était jamais arrivé, mais jamais, avant 2021, le CAC n’avait dépassé les 7 000 points.
Nouveau record du CAC 40 au 17 mars 2023 : le Cac 40 franchit un autre seuil, celui des 8 200 points (source : Les Échos).
En 2023, 38 entreprises du CAC 40 (Pernod Ricard et Alstom ont des exercices décalés) ont dégagé 153,6 milliards d’euros de résultat net cumulé,
dont 98 milliards reversés directement aux actionnaires (67,8 milliards
sous la forme de dividendes et 30,1 milliards en rachats d’actions).
Ainsi, la capitalisation cumulée de ces entreprises a rejoint le niveau du PIB français : 2 600 milliards d’euros.
Les premiers résultats des 38 entreprises françaises sur les 40 cotées en bourse affichent des bénéfices qui dépassent les 153 milliards d’euros.
En 2022, les patrons et patronnes du CAC 40 ont gagné en moyenne 130 fois plus que le salaire moyen dans leur entreprise, contre 40 fois en 79 (source : Oxfam).
Les grandes entreprises françaises
Entre 2011 et 2021, dans les 100 plus grandes entreprises françaises cotées, la dépense par salariés n’a augmenté que de 22 %, tandis que les versements aux actionnaires bondissaient de 57 % (source : Oxfam).
En 2018, entre versements de dividendes et rachats de titres, les entreprises ont versé 51 milliards, en 2023, 97 milliards d’euros.Les 42 milliardaires français ont gagné 230 milliards d’euros ces trois dernières années (source : rapport d’Oxfam publié pour l’ouverture du sommet de Davosle 15/01/2024).
Les 42 milliardaires ont gagné 230 milliards d’euros en trois ans.
Les 1 % les plus riches détiennent 36 % du patrimoine financier total, alors que plus de 80 % des Français déclarent ne posséder ni assurances-vie, ni actions directement.
La France compte 10 milliardaires de plus, soit 53 en tout (source : classement Forbes).
TotalEnergies
TotalEnergies a distribué 18,4 milliards d’euros à ses actionnaires ; BNP, Paribas, 9,7 milliards et LVMH, 7,5 milliards. À elles trois, ces multinationales ont versé 37 % de l’ensemble du gâteau perçu par les actionnaires.
En 2023, TotalEnergies a engrangé un bénéfice net record de 21,4 milliards de dollars (19,8 milliards d’euros), soit une hausse nette de 4 % par rapport à 2022, déjà une année hors normes.
Nous sommes en mesure d’affirmer que Total n’a pas payé d’impôt sur les sociétés en France ni sur son exercice 2019 ni sur son exercice 2020 (source : Maxime Combes, économiste).
LVMH
Le numéro un mondial du luxe LVMH, détenteur des marques Louis Vuitton et Dior, a de nouveau annoncé des résultats records.
Avec 86,2 milliards d’euros de ventes en 2023, ses profits s’élèvent à 15,2 milliards de bénéfices nets, en hausse de 8 % par rapport à l’exercice précédent.
La moitié des bénéfices du groupe, soit 7 à 8 milliards d’euros, seront versés aux actionnaires.
Bernard Arnault, qui détient avec sa famille 48 % du capital et 64 % des droits de vote, empochera la moitié des bénéfices.
BNP Paribas
BNP Paribas, la première banque française a annoncé des profits records de
10,975 milliards d’euros pour 2023, soit une hausse de 11,4 % par
rapport à 2022.
Les actionnaires, principaux bénéficiaires de ces résultats recevront un dividende en hausse de 18 %,
à 4,60 euros par action, soit au total près de 6 milliards
d’euros, auquel vient s’ajouter un nouveau programme de rachat d’actions
de 1,05 milliard d’euros.
Les salariés auront une augmentation générale de 700 euros à
800 euros en fonction du salaire, et une prime de partage de la valeur
de 1 000 euros.
La banque a provisionné 645 millions d’euros pour couvrir notamment un litige
portant sur de pratiques commerciales douteuses sur des prêts
hypothécaires.
Carrefour
Carrefour, géant du CAC 40, qui a engrangé des profits record en 2023, a cédé, au cours des dernières années, plus de 300 magasins employant 23 000 salariés.
Les salariés subissent des pertes de salaire allant de 2 000 à 3 000 euros par an (source : organisations syndicales),
Sanofi
En 2022 Sanofi a enregistré un bénéfice de 10 milliards d’euros.
Chaque année, l’entreprise bénéficie autour de 100 millions d’euros grâce au crédit d’impôt recherche.
Délocalisations
La production française a baissé de 2,6 % en 2023, comparée à 2019, les
fleurons français et allemands délocalisant chez leurs voisins : + 44 %
de production en Pologne, + 13 % en Slovénie… (source : Centre d’études prospectives et d’informations internationales - Cepii),
Impôts et niches fiscales
Les niches fiscales représentent une perte de 94,2 milliards d’euros pour la puissance publique (source : Cour des comptes, juillet 2023).
Les exonérations de cotisations sociales pour les entreprises, dans le budget 2024, atteignent 75 milliards d’euros.
La seule taxe sur les superprofits aurait pu rapporter près de 10 milliards d’euros en 2023.
Évaluer chacune des niches fiscales et supprimer celles qui sont injustes, inefficaces socialement ou nuisibles écologiquement, pemrmettrait de récupérer largement plus de 100 milliards d’euros par an,
Monde
La richesse cumulée d’Elon Musk (Tesla), Bernard Arnault (LVHM), Jeff Bezos (Amazon), Larry Ellison (Oracle) et Warren Buffet
(Berkshire Hathaway), les cinq milliaredaires les plus riches, a grimpé de
114 % entre mars 2020 et novembre 2023, pour atteindre 869 milliards de
dollars (source : Oxfam).
Dit autrement, cela signifie que leur fortune a enflé
de 14 millions de dollars par heure…
Les pays du Nord ne
concentrent que 20,6 % de la population mondiale mais près de 70 % des
richesses (source : Oxfam).
L’ensemble des milliardaires de la planète ont vu leur fortune
augmenter de 3 300 milliards de dollars sur la période, soit 34 % de
hausse.
En trois ans, la fortune cumulée de 4,7 milliards de personnes (60 % de
l’humanité) a baissé de 0,2 %.
Il faudrait 1 200 ans de labeur à une travailleuse du secteur
sanitaire et social pour gagner ce qu’un PDG d’une des 100 premières
entreprises américaines empoche en une année (source : Oxfam).
Plus d’un tiers des 50 plus grosses entreprises de la planète comptent un milliardaire comme actionnaire principal ou
comme PDG (source : Oxfam).
La proportion grimpe à 70 % pour les 10 plus grosses.
Jeff
Bezos, fondateur d’Amazon, détient par exemple 83 % de sa fortune en
actions de l’entreprise.
Robert Kuok, l’homme le plus riche de Malaisie, détient, avec sa
famille, 51 % du capital du conglomérat PPB Group, dont les activités
s’étendent du secteur agricole à l’immobilier.
Les super-riches du monde entier ne sont pas simplement les
bénéficiaires passifs des profits faramineux réalisés par les
entreprises. Le fait qu’ils possèdent de grandes entreprises leur donne le pouvoir de les contrôler activement. (source : Oxfam)
Les profits des entreprises étaient devenus, dès le troisième trimestre 2022, le premier moteur de l’inflation en zone euro (source : rapports du FMI).
14 compagnies pétrogazières ont dégagé 190 milliards de dollars de
superprofits en 2023 ; leurs bénéfices sont supérieurs de 278 % à
la moyenne de la période 2018-2021 (source : Oxfam).
148
multinationales ont réalisé près de 1 800 milliards de dollars de
bénéfices au cours des douze mois précédant juin 2023, parmi lesquelles
une dizaine de françaises, comme Total, Hermès, Sanofi, LVMH ou Air
liquide.
Au niveau mondial, les 0,001 % d’entreprises les plus importantes
empochent à elles seules environ un tiers de tous les bénéfices (source : Oxfam).
Quatre multinationales se partagent 62 % du marché mondial des
pesticides.
Les trois quarts des dépenses publicitaires en ligne
profitent à Meta, Alphabet et Amazon.
Plus de 90 % des recherches en
ligne s’effectuent via Google.
Pour chaque tranche de 100 dollars de bénéfices réalisés par 96 grandes
entreprises entre juillet 2022 et juin 2023, 83 dollars ont été reversés
aux actionnaires sous forme de rachats d’actions et de dividendes.
Aux États-Unis, l’indice de à Wall Street a gagné de près de 13 % en un an.
Amazon a dégagé l’an dernier trente milliards de dollars de bénéfices.
Paradis fiscaux
En 2019, l’évasion fiscale mondiale des multinationales s’élevait alors à près de 900 milliards de dollars (contre 650 milliards chiffrés en 2016).
La barre symbolique des 1 000 milliards de dollars partis dans les paradis fiscaux fut dépassée en 2021 et 2022 (source : Observatoire européen de la fiscalité).
Grâce à l’échange automatique d’informations bancaires, l’évasion fiscale offshore a été divisée par trois, environ, en moins de dix ans.
Si 10 % en moyenne du PIB mondial sont localisés dans les paradis fiscaux, seuls 30 % y restent dissimulés aux yeux des administrations fiscales.
Les transferts de bénéfices des multinationales : celles-ci ont réalisé 2 800 milliards de dollars de bénéfices en 2022 et 35 % de cette somme, soit 1 000 milliards, ont été dirigés vers des paradis fiscaux.
Les géants nord-américains sont responsables d’environ 40 % de ces transferts.
Malgré la baisse constante des prélèvements sur les entreprises, la fuite des profits reste constante (autour de 35 %), et son volume augmente.
56 % du montant total des bénéfices transférés vers les paradis fiscaux à échelle mondiale passent par des pays européens, les Pays-Bas et l’Irlande en tête.
Un impôt minimal sur les bénéfices de toutes les entreprises à 25 %, sans exception, permettrait de récupérer 250 milliards de recettes fiscales chaque année.
Les 2 756 ultrariches ont des taux d’imposition effectifs allant de 0 à 0,5 % de leur patrimoine, en raison de l’utilisation fréquente de sociétés écrans pour échapper à l’impôt.
Une ponction de 2 % sur leur fortune rapporterait 214 milliards de dollars.
Le parquet national financier
Le parquet national financier (PNF) a obtenu, en dix ans, plus de 500 condamnations pour fraude fiscale ou atteinte à la probité (parmi lesquelles celle de Serge Dassault ou de François Fillon) et permis au Trésor public de récupérer 12 milliards d’euros en amendes, confiscations et autres dommages et intérêts (source : Jean-François Bohnert, procureur, directeurr du PNF).
Actuellement, le PNF a 760 dossiers en cours, traités par 18 magistrats opérationnels organisés en 9 binômes. Originellement, un magistrat ne devait s’occuper que de 8 dossiers. Aujourd’hui, il en traite 45, voire 50.
Avec le scandale « CumCum », qui concernait les banques BNP Paribas, Exane (gestionnaire de fonds et filiale de la BNP), la Société générale, Natixis (filiale de BPCE) et HSBC et qui a éclaté, en 2018, ce sont des pertes cumulées pour les administrations fiscales européennes qui s’élevaient à pas moins de 140 milliards d’euros. (Le CumCum consiste, pour des banques, à accepter d’encaisser temporairement les dividendes des entreprises, afin que ces dernières paient moins d’impôts.)