2024 - Inégalités
MaJ - 26/05/2024
Inégalités de genre
- 70 % des femmes estiment ne pas avoir reçu le même traitement que leurs frères au sein de leur famille (source : Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes - HCE).
- 92 % des vidéos pour enfants alimentent les stéréotypes de genre.
- 9 femmes sur 10 déclarent avoir subi une situation sexiste.
- Les proportions sont similaires pour les renoncements à des comportements visant à éviter d’être victimes de sexisme.
- 84 % de la population estime prioritaire la lutte contre le sexisme.
- Ce retour en force des injonctions conservatrices, notamment à la maternité – 54 % des femmes de 25-34 ans la ressentent – et à l’assignation à la sphère domestique, est particulièrement présent sur les réseaux sociaux.
- 37 % des femmes déclarent avoir subi une relation sexuelle non consentie, toutes tranches d’âges confondues,
- ce taux passe à 50 % pour les femmes de 25-34 ans.
- Deux tiers des jeunes hommes déclarent s’inspirer du porno pour leurs relations sexuelles, alors que 90 % des vidéos pornos contiennent des violences passibles du code pénal (source : procureure de Paris).
Enfants
- Dans cinq cas sur six, lorsqu’un des deux parents s’éloigne de l’emploi en raison de la présence d’enfants, il s’agit des mères (source : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques - Drees).
- Si la mère est cadre ou exerce une profession intellectuelle supérieure, les deux partenaires sont à temps complet dans 67,7 %.
- Mais, pour les couples au sein desquels la mère est ouvrière ou employée, ce chiffre chute à 37,2 %. La majorité de ces femmes (49,5 %) sont sans emploi ou à temps partiel pendant que leur conjoint dispose d’un temps de travail salarié plus important.
- En moyenne, les femmes passent 22 heures seules avec leur enfant de 8 heures à 19 heures du lundi au vendredi, contre moins de 5 heures pour les pères.
Temps de tavail et revenus
- Les femmes gagnent 23,5 % en moins par rapport aux hommes (source : Insee).
- En matière de temps de travail, les femmes occupent près de 80 % des emplois à temps partiel, bien souvent subis.
- Pour un même temps de travail, l’écart reste cependant de 14,9 %.
- À poste et temps de travail équivalent, les femmes demeurent moins payées de 4 %.
Encadrement
- Le plafond de verre résiste : les femmes demeurent sous-représentées aux postes de management en Europe, 10 % en moyenne contre 12 % pour les hommes (source : Selon le Cereq - Centre d’études et de recherches sur les qualifications).
- Lorsque les procédures de promotion sont claires et connues de tous, les chances de promotion des femmes deviennent égales à celles des
hommes (source : Dominique Meurs, économiste).
Inégalités sociales - Dans le minuscule et très chic 6e arrondissement parisien, un habitant sur cinq fait partie du 1 % de Français les plus riches.
- Fin 2023, les écarts de salaire repartent à la hausse depuis dix ans ; ce phénomène constitue un retournement d’une tendance de long terme de diminution des écarts de rémunération entre riches et pauvres (source : Observatoire des inégalités).
- Le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire a augmenté de près de 30 % en trois ans, soit 2,6 millions de personnes (source : Fédération française des banques alimentaires).
- Parmi elles, une part croissante de jeunes (+19 % en cinq ans) et de travailleurs pauvres, 17 % des personnes accueillies ayant un emploi, dont une majorité en CDI mais avec un salaire inférieur au Smic.
- Conséquence directe de cette crise inflationniste inédite depuis trente ans : un nombre croissant de personnes malades en raison des restrictions alimentaires (plus d’un tiers des répondants ne mangent que deux repas par jour et pour 16 % l’aide alimentaire est la principale source d’approvisionnement pour les protéines, fruits, légumes et légumineuses.
- 71 % des personnes déclarent au moins un problème de santé ; 25 % sont en surpoids ou obésité ; 16 % souffrent de diabète contre 5 % dans la population générale.
Surendettement
- En 2023, le nombre de dossiers de surendettement déposés a crû de 8 %, avec un peu plus de 120 000 (121 617) cas enregistrés (source : Banque de France).
- Sur dix ans, le nombre de dossiers déposés a reculé de 6 % par an en moyenne, soit une baisse de 50 % depuis 2014.
- Les dettes à la consommation constituent encore près des trois quarts (72 %) des dossiers.
- Les crédits immobiliers en représentent 10 % en nombre… mais 27 % en montant.
- Les dettes de loyer sont présentes dans 76 % des cas.
- Le niveau des dépôts de dossiers reste inférieur de 15 % à ce qu’il était en 2019, dernière année de référence avant la pandémie due au Covid-19.
- C’est dans la région des Hauts-de-France que le surendettement atteint la plus grande proportion de la population, avec plus de 300 dossiers déposés pour 100 000 habitants.
- On relève toujours une prédominance des personnes qui vivent seules (52 %), des familles séparées ou divorcées (26 %) et dans familles monoparentales (20 %).
- Plus des deux tiers (69 %) des dossiers concernent des ménages dont le niveau de vie est inférieur au SMIC et dont un quart des revenus est constitué de prestations sociales (minimas sociaux, prestations familiales, allocations logement…).
- Plus des trois quarts sont déposés par des ménages vivant en location.
- Les personnes en recherche d’emploi représentent 25 % des dossiers, et plus de la moitié (52 %) de ceux-ci des ouvriers ou employés.
- Dans 50 % des cas, les ménages surendettés ne disposent d’aucune capacité de remboursement.
- Après examen des dossiers, les procédures mises en place avec la Banque de France aboutissent, dans 35 % des cas, à un effacement total de la dette.
Patrimoine
- Début 2021, la moitié la mieux dotée des ménages vivant en France possède 92 % de la masse de patrimoine brut de l’ensemble des ménages, soit un minimum de 177 200 euros. L’autre moitié de la population se partage les 8 % restants (source : Insee).
- Plus on monte dans l’échelle sociale, plus la part de patrimoine est élevée : 34 % pour les 5 % les mieux dotés, 15 % pour le 1 % en haut du tableau.
- Les 10 % les plus pauvres détiennent 4 400 euros au maximum, contre 716 300 euros au moins pour les 10 % les plus aisés, et plus de 2 millions pour seulement 1 %.
- Entre 1998 et 2018, le patrimoine brut moyen des 10 % les moins bien dotés a diminué de 48 %, alors que celui des 10 % des ménages les mieux dotés a augmenté de 119 % (source : rapport parlementaire corédigé par les députés Nicolas Sansu - PCF - et Jean-Paul Mattei - Modem).
- Les 10 % les plus riches ont vu le total de leurs biens passer de 382 000 euros en 2004 à 595 700 euros en 2015, pour dépasser aujourd’hui les 716 300 euros.
- La fortune héritée représente désormais 60 % du patrimoine total, contre 35 % en moyenne au début des années 1970 (source : Conseil d’analyse économique).
- Si 50 % des Français héritent de moins de 70 000 euros, les 10 % les plus riches touchent eux plus de 500 000 euros.
- 4,2 millions d’euros hérités pour le 1 % des plus riches, plus de 13 millions pour le 0,1 %, qui perçoit ainsi, 180 fois l’héritage médian.
- Situé autour de 75 000 euros pour les moins de 30 ans, le patrimoine brut atteint 400 000 euros pour les cinquantenaires, avant de décroître au moment de la retraite.
- L’écart de patrimoine selon les sexes est passé de 7 000 à 24 500 euros entre 1998 et 2015, en grande partie parce que les couples optent de plus en plus pour le régime de séparation des biens (source : les économistes Marion Leturcq et Nicolas Frémeaux).
- La part du patrimoine par rapport aux revenus du travail représentait en 2015 huit années de revenus disponibles (10 600 milliards d’euros), contre 4,5 années (3,5 milliards d’euros) en 1980 (source : étude réalisée par l’économiste Clément Dherbécourt pour France Stratégie).
- Les Français sont à près de 58 % propriétaires, ce qui représente 62 % du patrimoine total, dont plus des deux tiers sont constitués de la seule résidence principale.
- Près des deux tiers des Français de plus de 60 ans sont propriétaires.
- Ceux qui détiennent leur résidence principale ont 8,6 fois plus de patrimoine que les locataires.
- En 2021, 24 % de ceux qui possèdent de l’immobilier, soit 7,3 millions de ménages, sont multipropriétaires (source : Insee).
- Ils détiennent 68 % des logements de particuliers.
- Les ménages détenteurs de 10 logements ou plus (0,6 % des ménages) possèdent 8 % du parc, soit 14 fois leur part dans la population, et les détenteurs de 20 logements ou plus (0,1 % des ménages, soit environ 30 000 ménages) détiennent 2,4 % des logements.
- Entre 1980 et 2015, la part de l’ensemble des placements financiers, actions, assurances-vies, fonds de placement, et autres épargnes retraite et salariale… est passée de 30 % à 42 % (source : Clément Dherbécourt, économiste).
- Les 10 % des Français les plus riches en détenaient 64 % en 2021, soit 344 fois plus que les 10 % les plus pauvres.
- Le patrimoine dit « professionnel » (bâtiments, terre, machines… mais aussi actions ou participations) est possédé à 95 % par 5 % des ménages.
- La génération du baby-boom dispose d'un patrimoine 20 % plus élevé que celui de la génération précédente. La part des transmissions dans le revenu des ménages passera de 19 % aujourd’hui à plus de 25 % en 2050.
- Ces héritages arriveront de plus en plus tard – les bénéficiaires seront âgés de plus de 55 ans en 2035, contre 50 actuellement.
- La richesse des individus sera plus qu’auparavant déterminée par celle de leurs ascendants, plutôt que par leur propre trajectoire de revenus (source : France Stratégie).
- Les très aisés ne sont taxés qu’à hauteur de 2 % (source : l’économiste Gabriel Zucman).
- Les dispositifs d’exonération ou d’exemption prennent plusieurs formes ( (source : Conseil d’analyse économique).
- Donations non taxées possibles tous les dix ans à hauteur de 100 000 euros, que même l’administration fiscale ne trace pas.
- Assurances-vies non taxées jusqu’à 152 000 euros et dont la transmission est très concentrée (en 2017-2018, 45 000 personnes ont hérité de plus de 152 000 euros, dont 1 900 de plus de 852 000 euros).
- Dons en nue-propriété, qui fait baisser la valeur du bien et donc des taxes.
- Pacte Dutreil, qui facilite la transmission d’entreprises, en offrant 75 % d’abattement sur la valeur des titres et biens productifs.
- L’ensemble de ces mécanismes rogne très largement le niveau de taxation réelle, au point qu’il ne dépasse pas 10 % pour 13 millions d’héritages.
Outre-mer
Mayotte
- Le territoire de Mayotte est le plus pauvre de France, voire d’Europe – avec un niveau
de vie 7 fois moins élevé – mais le coût de la vie y est 1,7 fois plus
important.
- le titre de séjour attribué ici, qui est un titre territorialisé, est propre à Mayotte. Il ne donne pas le droit de se déplacer, ni de
travailler, et doit être renouvelé tous les ans, avec un coût de timbre
fiscal de 300 à 400 euros.
- En trente ans, la population a plus que quadruplé.
- Aujourd’hui, la
population étrangère est supérieure à la population autochtone, c’est d’abord une immigration d’appropriation dans la
mesure où l’État comorien revendique notre territoire.
- Il y a entre 10 000 et 12 000 naissances par an et 75 % des femmes qui
accouchent sont d’origine étrangère, dont 50 % en situation irrégulière.