Quelques
2,5 millions de nos concitoyens travaillent avec le statut précaire d’auto-entrepreneur.
Leur chiffre d’affaires trimestriel moyen était de 4.907 € en 2022.
Cette sous-rémunération du travail se traduit aussi par des recettes en
baisse pour la Sécurité sociale et les caisses de retraite.
En 2022, le taux d’emploi des seniors (55-64 ans) atteignait 56,9 %, son plus haut niveau depuis 1975, mais encore environ six points en dessous de la moyenne de l’Union européenne.
Entre 2004 et 2020, l’industrie automobile française a perdu environ 130 000 postes, soit 40 % de ses effectifs.
Choose France
15 milliards d’euros d’investissements étrangers ont été annoncés dans le cadre du sommet Choose France.
La moitié des sommes investies (6,8 milliards) vont servir à construire des data centers, qui emploient très peu de main-d’œuvre.
Les data centers représentent plus de 50 % de la consommation énergétique du numérique).
La consommation d’eau pour refroidir les serveurs peut se compter en centaines de millions de litres à l’année.
L’investissement global va être financé sur fonds publics, à hauteur de 20 %, soit 60 millions d’euros déboursés par le contribuable, soit 200 000 euros par emploi créé…
Les deux tiers des projets ne sont que des extensions de sites existants, et non des créations de nouvelles usines (source cabinet EY).
Seuls 39 773 emplois ont été créés, soit environ 33 postes par projet.
Chômage
L’objectif de la transformation de« Pôle Emploi »en « France Travail »en
2024 est de faire descendre le nombre de demandeurs
d’emploi à 5 % de la population active contre 7,4 % actuellement.
Depuis 2016, la CGT chômeurs épluche les offres mises en ligne par Pôle emploi, pour s’assurer de leur conformité.
La dernière enquête, publiée ce 18 janvier, montre que 61,1 % de ces dernières seraient illégales.
La direction de France Travail affirme qu'une étude de 5 000 offres en 2023 a montré que 92,9 % des offres publiées sur son site étaient conformes au cadre légal.
La dernière réforme, entrée en vigueur en février 2023, va réduire de 4,5 milliards d’euros par an les dépenses de l’assurance-chômage.
Le nombre d’allocataires indemnisés chuterait mécaniquement de 12 % à horizon 2027, soit environ 300 000 personnes en moins (source : estimations de l’Unédic).
L' augmentation du contrôle des privés d’emploi se traduirait par 1,5 million de contrôles par an.
France Travail, ex-Pôle emploi, en menait l’année dernière 500 000 par an, souligne-t-il. Il en est prévu cette année plus de 600 000, objectif fixé étant multiplier par trois les contrôles chaque année d’ici à la fin du
quinquennat.
Les enquêtes menées par France Travail depuis plusieurs années montrent
que l’immense majorité des allocataires contrôlés (environ 85 %) étaient
parfaitement dans les clous au moment de la vérification.
Les effets de la réforme de
l’assurance-chômage de 2019-2021, qui durcissait (entre autres) les
conditions d’accès à Pôle emploi, montrent que, la mesure a accru la probabilité de retrouver un poste dans
les deux mois suivant la fin d’un contrat de plus de trois mois. Mais la
moitié de cet effet positif est liée à la reprise d’un emploi précaire
(CDD de moins de deux mois ou mission d’intérim). (source Dares).
La réalité de l’indemnisation aujourd’hui, c’est que 40 % des
allocataires qui ont ouvert des droits en 2022 ont reçu une allocation
journalière inférieure à 39 euros.
Chaque mois, seuls 40 % des chômeurs inscrits à Pôle
emploi perçoivent une indemnisation.
Au 4e trimestre de 2023, la France comptait 331 700 emplois vacants, en baisse de 6 % (dernière estimation connue). Rapporté à l’ensemble des emplois en France, cela nous donne un taux de 2,07 %. Pas exactement un raz-de-marée.
Notre pays comptait, à l’époque, 2 824 400 chômeurs de catégorie A (n’exerçant aucune activité), cela signifie qu’il en resterait malgré tout 2 492 700, une fois tous les postes en souffrance pourvus.
En 2022 (derniers chiffres connus), 3,6 millions d’offres ont été déposées à Pôle emploi ; 83,4 % ont été pourvues (et en moins de 47 jours dans la moitié des cas), 7,5 % des recrutements étaient en cours au moment de l’étude ; 2,9 % ont été annulées en raison de la cessation du besoin, et seulement 6,2 % ont été abandonnées faute de candidat.
Le taux de chômage repart bien à la hausse, pour atteindre officiellement 7,5 % au quatrième trimestre 2023.
La dernière des réformes de l’assurance-chômage (réduction de 25 % de la durée maximale d’indemnisation), entrée en vigueur en février 2023, va faire économiser 4,5 milliards d’euros par an à l’assurance-chômage.
En décembre 2023, trois pays libéraux affichaient un taux de chômage inférieur à 4 % : les États-Unis, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Mais le taux de pauvreté états-unien est plus de deux fois supérieur au taux de pauvreté français ; le taux de pauvreté allemand est 36 % supérieur et le taux de pauvreté britannique 37 % (source :OCDE).
Un tiers des 53 à 69 ans, qui ne sont ni en emploi ni en retraite, vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Le nombre d’ouvertures de droits avait diminué de 14 % dès 2022 (source : Dares), dès mi-2023, la durée moyenne de droit des entrants a chuté de 100 jours par rapport aux entrées antérieures à février 2023 (source : Unédic).
Allocation de solidarité spécifique
322 000 personnes sont bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), une allocation créée en 1984 et destinée à des privés d’emploi ayant épuisé leurs droits au régime d’assurance-chômage - dix-huit mois d’indemnisation au maximum pour les moins de 53 ans - (source : Dress - fin 2022).
Le montant de l’ASS est de 18 euros par jour, soit environ 540 euros par mois.
58 % des bénéficiaires ont 50 ans et plus.
Le basculement programmé de ces personnes au RSA aura dés conséquences délétères.
les personnes à l’ASS cotisent automatiquement pour leur retraite, contrairement aux bénéficiaires du RSA.
Un chômeur vivant avec une personne payée au Smic peut toucher l’ASS, mais n’aura pas le droit au RSA si l’ASS vient à être supprimée.
Le basculement de l’ASS vers le RSA, pourrait faire perdre entre 100 et 150 euros par mois à un ménage dont un des conjoints travaille au Smic, soit 5 à 10 % de ses revenus (source : Michaël Zemmour, économiste).
Maladies professionnelles
En dix ans, sur plus d’un million de demandes de reconnaissance de maladie professionnelle, près de 450 000 travailleurs ont essuyé un refus (source : Cash Investigation, Travail de malade, malade du travail).
Accidents du travail
En France, le travail tue deux fois par jour.
En 2022, 738 salariés ont perdu la vie (source : Caisse nationale d’assurance maladie - Cnam -) dans le seul secteur privé.
Plus de 100 000 jeunes de moins de 25 ans sont victimes, chaque année, d’accidents du travail.
36 jeunes de moins de 25 ans ont perdu leur vie au travail.
Entre 2017 et 2019 en France, les accidents du travail ont augmenté de 33%.
On compte un inspecteur pour 10 000 salariés.
Tous les ans, 35 000 personnes sont concernées ; deux tiers des accidentés sont des ouvriers.
Plus de 1 500 travailleuses et travailleurs soient victimes d’accidents du travail chaque jour
Il y a chaque année plus de 2,78 millions de décès liés aux accidents du travail ou aux maladies professionnelles dans le monde et environ 374 millions d’accidents du travail non mortels.
40 % des entreprises respectent l’obligation légale de mise en œuvre et d’actualisation du document unique d’évaluation des risques professionnels (Duerp).
La sanction en cas de non-respect est de… 1 500 euros.
La branche AT/MP (accidents du travail / maladies professionnelles) de la Sécurité sociale, qui indemnise les victimes et est chargée de mener des politiques de prévention, se voit tous les ans prélever 300 millions d’euros pour financer la réforme des retraites.
Sur l’année 2022, la moyenne des amendes n’a été que de 25 000 euros.
Nombre de morts au travail en 2022 (source : L’Humanité) :
168 BTP
157 TRANSPORTS ET ENERGIE
118 SANTÉ ET NETTOYAGE
79 ALIMENTATION ET COMMERCES
78 BANQUES ET ADMINISTRATIONS
62 MÉTALLURGIE
42 COMMERCES NON ALIMENTAIRES
20 BOIS, PAPIER ET TEXTILES
14 CHIMIE, CAOUTCHOUC
Au niveau mondial
2,78 millions de personnes meurent chaque année au travail, dont 2,4 millions de maladies (source : Organisation internationale du travail - OIT).
Sont dénombrés 374 millions d’accidents non mortels.
Le réchauffement climatique pourrait être responsable de risques sanitaires graves pour 70 % des travailleurs dans le monde.
23 millions d’accidents du travail sont attribuables à une chaleur excessive, provoquant environ 19 000 morts par an.
1,6 milliard de travailleurs sont par exemple exposés aux rayons UV, avec plus de 18 960 décès liés au travail chaque année en raison d’un cancer de la peau sans mélanome.
Loi immigration
3,9 millions de salariés étrangers seront nécessaires d’ici à 2050, et 800 000 d’ici à 2030, compte tenu de la baisse de la population active qui, va commencer à partir de 2036 (source : Medef).
10,4 % de la population active est immigrée (source : Simone Bertoli, économiste, professeure à l’université Clermont-Auvergne, membre du CNRS).
L’Afrique est l’une des
régions les plus touchées par les effets dévastateurs du réchauffement
climatique.
Un quart des doctorants en France sont des immigrés.
Une partie importante des travailleurs immigrés en France sont des anciens étudiants étrangers.
En France, ils sont 23 % de travailleurs immigrés parmi les agents de propreté et aides à
domicile ;
près de 20 % parmi les médecins hospitaliers ;
12 à 13 % chez
les éboueurs, caissiers et vendeurs.
Ils ne représentent
que 10 % de l’emploi total. (source : Centre d’études prospectives et d’informations internationales - Cepii).
La moitié des travailleurs immigrés du pays est concentrée en Île-de-France.
60 % d’immigrés parmi les agents de propreté et aides à domicile ;
près
de 40 % chez les agents hospitaliers, caissiers, vendeurs et éboueurs.
En 1981, la régularisation de 131 000 travailleurs avait fait augmenter le PIB de 1 % (source : Cepii).
Au regard de la population et du PIB de notre pays, « si la France prenait vraiment sa part (par rapport aux autres pays européens – NDLR), elle aurait dû multiplier par quatre ou cinq le nombre d’étrangers accueillis. Si nous votions chaque année un niveau d’immigration conforme à nos capacités d’accueil, il faudrait augmenter l’immigration (source : François Héran, géographe et sociologue, devant le Conseil économique, social et environnemental - Cese - le 7 décembre 2023).
Le coût de la politique de lutte contre
l’immigration irrégulière représente environ 1,8 milliard d’euros par an (source : Cour des comptes).
Le contrôle frontalier est très consommateur en moyens humains et matériels. La lutte contre l’immigration irrégulière mobilise environ
16 000 fonctionnaires et militaires à temps plein, dont trois quarts
sont des agents de la police aux frontières, soit un peu moins de 10 %
des effectifs de la police nationale.
Le coût d’un refoulement est estimé à 14 000 euros (source : Les sociologues Didier Fassin et Anne-Claire Defossez).
La prévisible augmentation des placements en rétention va conduire à
une explosion budgétaire, le coût d’une journée de rétention s’élève à 607 euros
par jour (soit un total de 55 000 euros pour une personne qui resterait
en rétention durant la durée maximale légale), tandis qu’un éloignement
forcé effectif coûte en moyenne 4 414 euros (source : la Cour des comptes).
On note une augmentation très forte du nombre d’OQTF, 60 % sur les
cinq dernières années, alors que les effectifs préfectoraux ont
augmenté de 9 % (source : président de la Cour des comptes).
La complexification des dossiers, en particulier ceux adressés aux CAF
et aux départements, rendra leur étude plus longue et fastidieuse, sans moyens supplémentaires.
Le nombre de personnes qui se verraient privées de leurs droits
sociaux, à cotisations égales, sur le seul motif de leur lieu de
naissance ou de la nationalité de leurs parents est estimé à au moins 110 000, dont 30 000 enfants (source : collectif Nos services publics).
Une réduction du périmètre de l’aide médicale d’État (AME) aux seuls
soins urgents et vitaux de la loi Darmanin, reviendrait à priver de soins essentiels 466 000 personnes sans titre de séjour et à très faibles ressources qui en bénéficiaient fin 2023 (source : Claude Évin, ancien
ministre de la Santé et Patrick Stefanini, conseiller d’État
honoraire).
Le manque à gagner est évalué à 5,2 à 6,6 milliards d’euros pour la Sécurité sociale et l’assurance-chômage en 2021, en raison des cotisations éludées (source : raport de mai 2023 du le ministère du Travail).
Le taux de salariés dissimulés du secteur privé non agricole atteint
8 % dans le bâtiment et les travaux publics et 6,7 % dans les hôtels,
cafés, restaurants.
En ce qui concerne le secteur agricole, le manque à gagner était évalué à 500 millions d’euros sur l’année 2019.
Salaires
Depuis janvier 2021, le Smic a augmenté de 12,4 % et l’inflation de 12,5 %.
Le salaire moyen, lui, a baissé de 2,5 %.
En 2023, le SMIC avait augmenté de 1,81% en janvier et de 2,22% en mai. Faute de revalorisation en seconde partie de l’année, les personnes payées au SMIC ont perdu du pouvoir d’achat l’an dernier.
En 2023, le salaire moyen par tête réel, celui qui prend en compte l’inflation, a chuté de 0,3 %. Et cela malgré le versement de la prime de partage de la valeur versée en fin d’année (source : Insee).
Plus d’une trentaine de branches sur 170paient sous le SMIC.
Les salaires ont connu 30 % de décrochage depuis 2000 par rapport à l’évolution des prix (source : Fédération des acteurs de la solidarité).
La part des salaires dans la valeur ajoutée est passée de 74,1 %, en 1982, à 65,4 % en 2022 (source : CFE-CGC).
Seul le Smic reste indexé sur les prix, ce qui a pour conséquence, en l’absence de revalorisation des autres salaires, qu’aujourd’hui 17,3 % des salariés sont à ce niveau de rémunération ; ils étaient 12 % en 2021 (source : CFE-CGC).
17,3 % des salariés du secteur non agricole touchent le salaire minimum (SMIC), contre 12 % seulement en 2021.
Trente-quatre minima de branches professionnelles (sur 171) affichaient encore en novembre un taux horaire d’entrée inférieur au Smic.
À la fin de l’année 2023, la proportion de salariés rémunérés au salaire
minimum s’est élevée à 17,3 %, en hausse par rapport aux 14,5 %
enregistrés l’année précédente et aux 12 % de l’année 2021, totalisant ainsi 3,1 millions de personnes. (source : AFP).
Cette situation, sans précédent depuis plus de trente ans, découle du
mécanisme de revalorisation automatique du Smic, qui s’accroît chaque
fois que l’augmentation des prix dépasse les 2 %.
L'indexation automatique du SMIC sur les prix ne se répercute pas dans toutes les branches professionnelles, où les salaires de base ne sont réévalués au mieux qu’une fois par an.
On observe un déclassement des travailleurs, particulièrement observé chez les
salariés à temps partiel (38,3 %) et au sein des très petites
entreprises (26 % dans celles de 1 à 9 salariés contre 15 % dans les
autres), mais surtout chez les femmes (57,3 % des salariés au Smic).
En réduisant les cotisations sociales pour les salariés rémunérés autour
du Smic (de 1 à 1,6 Smic), les employeurs sont incités à limiter les
augmentations de salaire au-delà du salaire minimum.
Les salaires minimaux vont de 400 euros en Bulgarie à 2 500 euros au Luxembourg, sur le continent européen.
Inflation
L’inflation cumulée est de plus de 12 % sur ces deux dernières années, avec des pointes de 16 % pour les fruits et légumes.
Le rythme actuel de l’inflation, certes moins explosif, est tout de même quatre fois plus élevé que dans les années 2018 à 2020.
Les trois quarts de l’inflation actuelle sont à imputer aux profits (source : FMI).
Les prix continuent d’augmenter et restent supérieurs de plus de 21 % à leur niveau de décembre 2021.
Les dernières prévisions de la Banque centrale européenne font état d’une hausse des prix de 2,7 % en 2024, 2,1 % en 2025 et 1,9 % en 2026 dans la zone euro.
Prix
Le prix de vente de l’électricité augmentera de 10% au mois de février
alors que son prix de revient baisse.
Les tarifs des assurances et des
mutuelles-santé vont aussi augmenter de l’ordre de 10 % en moyenne.
Croissance
La croissance ne dépassera pas 1 % : comme le gouvernement se refuse à augmenter les impôts pour dégager de nouvelles recettes et qu’il compte toujours ramener le déficit public à 4,4 % du PIB cette année, 10 milliards d’euros vont être économisés (source : ministère de l’économie).
Les achats de l’État vont baisser de 750 millions d’euros, ses surfaces de bureaux vont être réduites de 20 %, les agents publics vont devoir revoir à la baisse leurs déplacements au profit de la « visio », 700 millions d’euros vont être économisés sur les embauches de personnel (source : ministère des Comptes publics).
5 milliards d’euros vont être économisés sur les politiques publiques. Le montant de l’aide publique au développement va être amputé d’un milliard. La même somme va être prélevée sur le dispositif MaPrimeRénov (sur 5 milliards d’euros prévus pour 2024).
MaPrimeRénov a jusqu’à présent permis à environ 700 000 personnes tous les ans d’engager des travaux. Près de la moitié (46 %) des dossiers est déposée par les ménages les plus modestes, qui obtiennent 65 % du montant global des subventions (source : Cour des comptes).
Un impôt de solidarité sur la fortune (ISF) rénové, à l’assiette plus large que l’ancien et un barème davantage progressif rapporterait justement… 10 milliards d’euros (source : Attac).
Fraude fiscale et sociale
Depuis la crise de la pandémie Covid, le BTP, traditionnellement une branche majeure du secteur informel, représente plus de 65 % des infractions constatées par l’URSSAF (source : Florence Weber, professeure de sociologie et d’anthropologie).
La fraude fiscale et sociale est estimée à 120 milliards, dont un cinquième est lié au travail au noir.
Inspection du travail
Sur les 2 005 sections d’inspection du travail existantes, 368 sont dépourvues de titulaires, soit 18,5 % du total (source : décompte du ministère du travail arrêté au 31 décembre 2023).
Avec plus de 10 000 travailleurs couverts en moyenne par agent, ce sont près de 4 millions de salariés qui n’ont pas accès au service public de l’inspection du travail.
Le nombre de sections territoriales est passé de 2 194, en 2017, à 2 048, en 2022 (source : Cour des comptes).
Entre 2015 et 2021, le principal contributeur aux économies d’emplois a été l’inspection du travail, qui a perdu 16 % de ses effectifs, soit près de 740 ETP (équivalents temps plein).
Travail forcé
Le travail forcé générerait dans l’économie privée mondiale jusqu’à 236 milliards de dollars (218,5 milliards d’euros) de profits par an (source : Organisation internationale du travail - OIT).
Les formes de contrainte les plus courantes restent la retenue de salaire et l’abus de vulnérabilité par la menace de licenciement (plus de la moitié des cas).
Les autres formes de coercition sont l’isolement forcé, la violence physique et sexuelle ou encore les privations.
Le montant total des profits illégaux tirés du travail forcé a augmenté de 37 % depuis 2014.
L’Europe et l’Asie centrale forment la partie du globe qui génère le plus de « chiffre d’affaires » - 84,2 milliards de dollars ;
l’Asie-Pacifique, 62,4 milliards,
les Amériques 52,1 milliards,
l’Afrique, 19,8 milliards,
les États arabes, 18 milliards.
La différence de montant d’argent sale généré ne s’explique pas par le nombre de victimes concernées, mais par le profit moyen soutiré sur le dos de chaque victime.
L’exploitation sexuelle commerciale forcée (ESCF) représenterait 73 % des 236 milliards de profits illégaux.
Ces 172,28 milliards de dollars seraient générés par 27 % du nombre total de victimes de travail forcé, soit « environ 6,3 millions de personnes » en 2021 sur un total de 23,6 millions de personnes.
Une personne exploitée sexuellement rapporterait, à elle seule, 27 252 dollars de profits annuels à ses exacteurs, contre une moyenne de 3 687 dollars dans les autres secteurs.
Le sexe des victimes apparaît comme un facteur déterminant,
près de quatre personnes sur cinq (78 %) prises au piège étant des filles ou des femmes,
les enfants représentent le quart (27 %) du total de ces cas.
La plupart du temps, les personnes en situation d’exploitation sexuelle commerciale forcée sont très peu rémunérées, voire pas du tout. Dans certains exemples, les victimes sont privées de rémunération parce qu’elles doivent rembourser un emprunt qu’elles ont été contraintes de contracter. Sous divers prétextes fallacieux, les trafiquants accumulent les retenues sur salaire pour remboursement de frais de nourriture, de vêtements, de loyer, d’alcool ou d’intérêts exorbitants.
Dans le classement des secteurs les plus lucratifs, arrivent ensuite l’industrie (35 milliards de dollars), les services (20,8 milliards de dollars), l’agriculture (5 milliards de dollars) et le travail domestique (2,6 milliards de dollars).
En 2021, la sous-rémunération du travail des migrants internationaux, sous forme de salaires et de primes non ou partiellement versés, d’heures supplémentaires non ou insuffisamment prises en compte, ainsi que de retenues abusives, a généré 31,4 milliards de dollars au bénéfice de leurs exploiteurs.
À cela s’ajoutent 5,6 milliards de commissions de recrutement et frais connexes qui leur sont illégalement et fréquemment soutirés.
Les migrants internationaux génèrent ainsi à leurs dépens 37 milliards de dollars (34 milliards d’euros.