- Notre pays comptait encore 1,6 million d’exploitants agricoles en
1970, contre 764 000 trente ans plus tard et à peine 500 000 en 2020 (source : Cour des comptes - avril 2023).
- Le nombre d’exploitations a chuté à 389 000 aujourd’hui, soit 275 000 de
moins qu’au début des années 2000, ou dit autrement, au cours des vingt dernières années environ
38 fermes ont été rayées de la carte de France chaque jour.
- 100 000 exploitations ont mis la clé sous la porte depuis dix ans.
- D’ici une décennie, plus de 200 000 agriculteurs pourraient prendre leur retraite, soit la moitié des effectifs actuels.
- La France a perdu un quart de ses éleveurs de bovins en une décennie.
- Près d’un ménage agricole sur cinq vit sous le seuil de pauvreté.
- Quand 20 000 personnes stoppent leur activité, seules 14 000 s’installent (source : Cour des comptes - 2015).
- L’objectif de la FNSEA (syndicat agricole majoritaire) est d’arriver à une situation où la France fonctionnerait avec moins de 100 000 « agri-managers » (source : Confédération paysanne).
- Cela impliquerait d’avoir des exploitations plus mécanisées, avec davantage de main-d’œuvre salariée pour les faire tourner.
- En vingt ans, la superficie moyenne des exploitations françaises a grimpé de plus de 60 %, pour atteindre 69 hectares en 2020.
- Plus grandes, elles emploient davantage de travailleurs extérieurs.
- Le nombre de salariés permanents non familiaux a ainsi augmenté de 10 % en dix ans, pour atteindre 170 400 en 2020.
- En 2016 (derniers chiffres connus), 756 000 personnes ont été salariées sur l’ensemble de l’année, parmi lesquelles 80 % de travailleurs précaires, pour beaucoup des saisonniers en CDD.
- En France, 20 % seulement des plus grandes exploitations françaises détiennent 52 % des terres agricoles (source : plan stratégique national du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire).
- Les zones rurales, soit l’ensemble des communes peu ou très peu denses rassemblent 33 % de la population (source : Insee).
- Avec 88,2 milliards d’euros de production animale et végétale – soit 18 % de la production de l’Union européenne –, la France reste le premier producteur agricole européen (et le deuxième pour la pêche maritime).
- L’emploi agricole continue invariablement de diminuer pour atteindre 2,7 % de l’emploi total en 2022.
Profits
- 14 % de la surface agricole de l’hexagone appartiendrait déjà à des sociétés agricoles financiarisées, c’est-à-dire des sociétés à capital ouvert permettant à des investisseurs non agricoles de prendre le contrôle des fermes (source : Terre de liens, )
- 640 000 hectares de terres auraient ainsi été avalés par le privé.
- Plus on équipe les exploitations en matériel cher, plus elles ont besoin de faire des économies d’échelle pour être rentables (source : Aurélie Trouvé, députée insoumise et ingénieure agronome).
Souveraineté alimentaire
- Les céréales produites en France ont chuté de 28,4 % en 2023.
- Confédération paysanne).
- 26 % de la viande bovine consommée en France provient de l’importation ; c’est aussi le cas de 50 % du poulet (source : André Chassaigne, député).
- On en a besoin de 500 000 agriculteurs pour atteindre la souveraineté alimentaire.
- Près de 55 % des agriculteurs exploitants étaient âgés de 50 ans et plus en 2019 , au moins un agriculteur sur deux sera en âge de prendre sa retraite d’ici à 2030. Un agriculteur sur deux sera en âge de prendre sa retraite d’ici à 2030 (source : INSEE).
Niveau de vie
- Le niveau de vie des 10 % des agriculteurs les
plus pauvres ne dépasse pas 9 800 euros par an, soit environ 816 euros
par mois (source : Insee).
- Il s’agit souvent des éleveurs (bovins, ovins, caprins) ou des
arboriculteurs.
- À l’autre bout de l’échelle, les 10 % les plus aisés disposent d’au
moins 46 500 euros par an, soit 3 875 euros par mois, qu’on retrouve chez les légumiers ou les céréaliers,
- Un agriculteur gagne en moyenne 1 860 euros pour 55 heures de travail
hebdomadaires. Près de 18% de la profession vit sous le seuil de
pauvreté.
- 16 % des personnes résidant dans un ménage d’agriculteurs sont en situation de pauvreté monétaire. Seul un tiers du revenu des exploitants et de leur famille provient de l’exploitation agricole, 45 % étant issus d’autres activités professionnelles (source : Insee).
Salariés agricoles
- Les salariés du secteur sont entre 800 000 et 900 000 employés réguliers, en fonction des saisons, et même 1,6 million, si l’on totalise les travailleurs ayant eu au moins un contrat dans l’année (source : MSA - chiffres 2021).
- les employeurs voient se pérenniser 500 millions d’aides publiques, et peuvent profiter plus largement de cette ristourne puisque tous les salaires jusqu’à 1,25 Smic (au lieu de 1,20 Smic) sont désormais concernés.
- De quoi gonfler un peu plus la part des emplois agricoles autour du Smic, qui culmine déjà à 80 % des postes.
Prix
- Les prix agricoles ont dévissé de 10 % quand ceux de l’alimentaire ont augmenté d’environ 8 % (source : Insee).
- En moyenne, les prix aux producteurs devraient être supérieurs de 20 % à ce qui se pratique aujourd’hui (source : Modef).
Les marques de distributeurs (MDD)
Certains fournisseurs de produits MDD sont des grandes firmes agroalimentaires qui vendent une partie de leurs produits sous ce logo et une autre partie sous leurs propres marques.
- Lactalis, numéro un mondial des produits laitiers, à la différence d’autres grandes marques comme Nestlé ou Danone, réalise un tiers de son activité sous MDD en France et dans le monde.
- Plus les distributeurs gagnent de l’argent avec les MDD, plus ils sont tentés d’augmenter les prix des marques (source : Les Echos).
- 35,4 % des volumes de produits alimentaires vendus dans nos grandes surfaces en 2023 étaient des MDD. En parallèle les marques des industriels reculaient de 6,2 % (source : Institut Circana).
- La part des MDD atteint désormais 43,5 % des ventes en Allemagne, mais 80 % chez Aldi, l’enseigne allemande présente dans 18 pays.
- Les petites « fruitières » qui transforment le lait de vache en comté dans le Jura et le Doubs versaient une moyenne 660 € pour 1 000 litres de lait en 2023., Lactalis ne proposant que 425 € aux producteurs pour 1 000 litres de lait en ce début d’année 2024.
Céréales
- Le 2 janvier 2024, la tonne de blé tendre vendue au port de Rouen pour l‘exportation cotait 213 € contre 300 € un an plus tôt.
- La cotation du maïs à Creil était de 189 € la tonne le 2 janvier 2024 contre 290 € un an plus tôt.
- La tonne de graines de tournesol cotait moins de 450 € ces derniers mois, ce qui ne couvre pas les coûts de production chez les producteurs. Il fluctuait entre 650 € et 570 € entre juillet et décembre 2 022.
- Les prix du blé et du maïs connaissent une baisse moyenne de 30 % en février 2024 par rapport à février 2023,
- Entre 2021 et 2023, les importations, sans droits de douane, de blé ukrainien dans l’Union européenne ont été multipliées par vingt (source : Association générale de producteurs de blé et autres céréales - AGPB - de la FNSEA).
- Au 15 mars 2024, la tonne de maïs au départ du port de Bordeaux pour l’exportation ne cotait 176 € contre 260 € un an plus tôt (source : La France Agricole).
- Mais au départ du port d’Odessa, pour entrer dans les pays membres de l’Union européenne sans droits de douane, la tonne de maïs ukrainien ne cotait que 129 €, contre 190 € au début de l’année 2023.
- Les prix du blé et du maïs sont en baisse de 35 % sur un an au départ de la ferme du fait des importations sans droits de douane en provenance d’Ukraine.
Lait
- La laiterie Armor Protéines en Ille-et-Vilaine propose de payer les
1 000 litres de lait 409 €.
- Lactalis propose de faire passer son tarif de 405 € en 2023 à 420 € en
2024, ce qui ne couvre pas l’augmentation de coûts de production sur douze mois.
- Au mois de novembre 2023, les importations françaises de beurre avaient augmenté de 6 % par
rapport au même mois en 2022, celles de crèmes étaient en hausse de 8 %
et celles des fromages de 4 % (source : Institut de l’élevage)..
Viande
- La valeur de la production agricole française se replie de - 0,8 % en 2023 par rapport à 2022 (source : Institut de la statistique et des études économiques - INSEE) .
- Cela résulte essentiellement de la baisse des prix des céréales.
- La valeur de la production agricole avait augmenté de 17 % 2022, après 9 % en 2021, grâce à des prix en hausse.
- L’année 2023 a vu les prix des productions végétales baisser de - 10,1 %, ceux des céréales ayant même chuté de - 28,4 % alors que les volumes ont progressé de 6,1 %.
- Les prix des productions animales ont augmenté de 7,9 % alors que les volumes diminuaient de - 2,% soit une croissance de 5,2 % en valeur.
- De juillet 2021 à février 2022, le prix du kilo de carcasse de porc cotait entre 1,30 et 1,20 € le kilo dans les Côtes d’Armor alors que les aliments du bétail coûtaient plus cher que ces derniers mois.
- Les prix payés aux éleveurs n’équilibrent pas les coûts de production. Il manque entre cinquante centimes et 1 € du kilo aux éleveurs bovins pour couvrir leurs coûts en 2023.
- En 2023, les importations de poulets ukrainiens, sans droits de douane, ont représenté 28 % des importations européennes
contre 13 % en 2021, sans que les importations en provenance du Brésil,
de la Thaïlande et du Royaume-Uni aient diminué entre ces deux dates.
- La consommation de viande est à peu près stable depuis dix ans, la crise que connaissent les éleveurs n’est pas liée au fait qu’on en mange plus ou moins, mais à la qualité qu’on va consommer et à la rémunération qui est assurée.
- Aujourd’hui, 30 % de la viande consommée sont importés (source : Réseau Action Climat - RAC).
- Les ménages consacrent en moyenne un peu plus de 21 % de leurs dépenses à l’achat de produits alimentaires. La viande – y compris les plats préparés – représente toujours le principal poste de dépenses, pesant pour 19 % du budget alimentaire en 2022 (source : Insee).
Bio
- Le bio demeure minoritaire. En 2022, 60 483 exploitations étaient
engagées dans ce mode de production. Soit seulement 14 % des fermes
françaises.
- La France consommait 3,67 kg de pesticides par hectare en 2021.
Un chiffre inférieur à ses voisins belge (6,42 kg/ha), italien
(5,38 kg/ha) et espagnol (4,59 kg/ha). Mais bien supérieur à la moyenne
européenne de 3,2 kg par hectare (source : Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture - FAO).
- Un producteur a vendu ses pommes bio la saison dernière 40 centimes d’euros le kilo à un négociant.
- Sur le marché de gros, elles s’échangent quatre fois ce prix.
- En 2022, la part de la surface agricole bio représentait 10,7 % de la surface agricole utilisée.
Environnement