Le manque à gagner pour le budget de l’Etat du fait des exonérations des
bénéfices et revenus réalisés en France par les GESI (grands événements sportifs internationaux) est évalué à
14 millions d’euros pour 2023 et 2024, contre 4 millions en 2022 (Source : Le Monde)
Celui lié aux exonérations des retenues à la source sur leurs bénéfices
et revenus est chiffré à 1 million d’euros, comme en 2023 et en 2022.
Le taux réduit de TVA à 5,5 % appliqué à la billetterie des manifestations sportives a généré 56 millions d’euros en 2023 et génèrera 60 millions d’euros en 2024 (contre 60 millions en 2022) de pertes fiscales, dont le Mondial de rugby et les JO.
Le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop) prévoit 4,38 milliards d’euros de recettes, il ne devrait pas dégager de
bénéfices et, non soumis aux impôts commerciaux, il n’est pas
redevable de la taxe sur les salaires.
7 millions d’euros s’évaporeront en 2024 (comme en 2023 et 2022) du fait de l’exonération des sommes perçues par les arbitres et les juges.
La principale source de perte pour les collectivités lcoales est la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (Source : proje de loi de finances 2023).
Les 30 minutes d’activité physique à l’école en complément de l’EPS qui
devaient être généralisés à la rentrée 2022 dans toutes les écoles, sont
engagées au mieux dans 30% des écoles aujourd’hui (source : https://patrickbayeux.com/)
Le soutien financier aux Maisons sport-santé (MSS) de six millions
d’euros par le Ministère des Sports reste faible au regard des 573 MSS
labellisées sur le territoire (10 000 euros par structure. source : https://patrickbayeux.com/)
Arts martiaux
L’année dernière, rien qu’aux États-Unis, le marché des studios et clubs d’arts martiaux a atteint une valeur estimée à 9 milliards de dollars (source : L'Observatoire de l’Europe)
On estime que 300 millions de personnes se considèrent désormais comme des fans des arts martiaux mixtes et la popularité est à son plus haut dans des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, le Brésil, Singapour et la Chine.
Deux grandes sociétés de médias d’arts martiaux occupent actuellement le sommet de l’industrie et proposent aux fans des moyens innovants de profiter de l’action.
L’UFC de Dana White, basé à Las Vegas, a désormais une capitalisation
boursière de 10 milliards de dollars,
Le ONE Championship de Chatri
Sityodtong est évalué à 1,4 milliard de dollars.
L’énorme croissance est tirée par les marques mondiales et les dernières technologies de streaming.
Football
Accompagnant la croissance phénoménale de l'économie du football, impulsée par l'augmentation des droits de diffusion, des mécanismes d'accroissement des inégalités économiques et sportives ont été méthodiquement empilés (source : Les cahiers du football).
Le football professionnel européen est une oligarchie.
Un système dans lequel une poignée de clubs riches captent l’essentiel des ressources et les meilleurs joueurs.
Une machine à produire des inégalités, où les résultats sportifs sont toujours plus étroitement corrélés à la puissance financière, où la logique de spectacle l’emporte sur celle de compétition.
On note la transformation des clubs en « entreprises comme les autres », la financiarisation…
En France, 56% des paris sportifs ont été effectués sur du football en
2022, année de Coupe du monde, soit 4,6 milliards d’euros (source : Autorité nationale du jeu - ANJ).
L'augmentation des budgets marketing des opérateurs de jeux en ligne est estimée à 7% en 2022, pour un total de 485 millions d'euros (source : ANJ).
Lle profil type du parieur, un homme (89% des cas) de moins de 35 ans
(72% des cas), ressemble à celui de l'immense majorité
des footballeurs professionnels.
En France, en Ligue 1, 13 des 18 équipes comptent au moins un opérateur
de paris sportifs parmi leurs sponsors, 8 d'entre elles ont le logo du
site sur le maillot ou le short.
Handicap
En 2023, seulement 1,4 % des clubs sportifs se disent en capacité d’accueillir des sportifs handicapés alors que plus de 12 millions de personnes sont en situation de handicap en France (source : INSEE).
Pour pratiquer un sport qui lui convient, une personne handicapée doit parcourir en moyenne 50 kilomètres.
Santé des sportifs
Une étude de la FIFPRO a montré que 38 % des joueurs souffrent de symptômes de dépression au moins une fois dans leur carrière, c’est énorme (source : https://www.sofoot.com).
Inégalités femmes - hommes
Sur les 119 présidents de fédérations sportives recensés, seulement 19 sont des présidentes. (Situation au 31 décembre 2022 - source : Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire).
Sur 104 secrétaires généraux de fédération, on dénombre 38 femmes contre 66 hommes.
Sur 104 trésoriers de fédération, on compte 28 femmes pour 76 hommes (source : chiffres Femix’Sports 2022).
En 2022, sur 1 444 conseillers techniques sportifs, un conseiller technique sportif sur cinq est une femme (source : monistère des sporst).
Sport connecté
Le « business » de la technologie numérique du sport serait évalué annuellement à 12 milliards de dollars et comptabiliserait plus de 10 000 dispositifs numériques portatifs pour la seule activité de course à pied.
90 % des coureurs amateurs utiliseraient aujourd’hui une montre connectée ou une application mobile.
L’adoption des objets connectés dans le cadre de la pratique sportive n’est pas répartie de façon équitable dans l’ensemble de la population.
Elle serait ainsi surreprésentée parmi les hommes, urbains, fortement diplômés, socialement favorisés et physiquement actifs.
La tranche des 30-39 ans serait la plus équipée en bracelets intelligents et montres connectées.
Jeux Olympiques
La loi de finances 2024 prévoit 2,44 milliards d’euros d’investissements publics liés à l’accueil des JOP.
68 ouvrages mobilisent 1,71 milliard d’euros de financements publics.
Les collectivités devraient investir pour des compléments sur les équipements de compétition, la construction ou reconstruction d’équipements publics de transport ou scolaire… devant servir au-delà de l’événement, ; ils sont chiffrés à 553,4 millions d’euros.
La structure chargée de planifier et organiser la tenue des différentes compétitions apporterait 170,7 millions d’euros, dont 124,5 millions pour l’Etat.
La subvention de l’Etat a été portée à 124,5 millions, celle de la Ville de Paris à 10 millions d'euros, celle de la région Ile-de-France à 15,6 millions, celle de la Métropole du Grand Paris apportant 15 millions.
Lle budget total du Comité d’organisation des Jeux (Cojop) atteint 4,38 milliards d’euros.
Un amendement au projet de loi de finances (PLF) pour 2024 a été déposé le 18 octobre par les députés de la majorité (source : Les Echos) :
exonérant de l’impôt sur les sociétés, de cotisations foncières et sur la valeur ajoutée des entreprises, à raison des bénéfices réalisés en France, d’impôt sur le revenu les salariés des fédérations sportives domiciliées fiscalement en France, jusqu’à la cinquième année civile suivant celle de leur première prise de fonctions.
Pour mémoire, Gianni Infantino (FIFA) a bénéficié en 2022 d’une rémunération annuelle de 3,8 millions d’euros. (source : https://www.sofoot.com).
La FIFA a déjà ouvert une succursale parisienne depuis juin 2021, à l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde, disposant de larges avantages fiscaux (un de ses dirigeants aujourd’hui n’est autre que Noël Le Graët).
La FIFA se pare du statut d’organisation à but non lucratif, malgré un chiffre d’affaires de 6,7 milliards d’euros entre 2019-2022, et 4 milliards de réserve en caisses.
Elle dispose en Suisse d’une fiscalité similaire à celle d’une association d’aide aux personnes âgées, et n’a payé que 23 millions de dollars d’impôts l’an dernier.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, la régulation globale du sport est assurée par un écosystème d’organisations privées, dans lequel le CIO et les fédérations internationales dictent elles-mêmes les règles auxquelles elles entendent se soumettre (source : Frédérique Reynertz et Pim Verschuuren dans une tribune au Monde).
En ce qui concerne le budget public des Jeux olympiques et paralympiques, les 2,4 milliards d’euros n’équivalent qu’à 0,08% du PIB de l’Île-de-France sur quatre ans ou encore 0,04% des dépenses publiques en France sur quatre ans (source : Insee et Banque de France).
Si l’on rapporte les moyens budgétaires dédiés au Ministère des sports
(889 millions d’euros hors crédits JOP et SOLIDEO) à l’ensemble des
dépenses de l’Etat (491 milliards d’euros), l’effort financier
représente 0,18 % du budget de la Nation… ces moyens
stagnent depuis l’exercice budgétaire 2022 (source : https://patrickbayeux.com/).
Si l’on regarde les moyens dédiés au sport tous ministères confondus, on
atteint 6,5 milliards d’euros soit 1,32 % du budget de la Nation…
Sur les 60 millions de crédits supplémentaires affichés par le gouvernement, les deux tiers sont des crédits exceptionnels liés aux Jeux
Olympiques et Paralympiques : 18,6 millions pour les primes des
médaillés, 12 millions pour la Haute-Performance (Gagner en France ),
5,5 millions pour la billetterie solidaire, 5 millions pour les CNOSF
CPSF (club France délégation olympique)…
Les crédits – exceptionnels - en région pour l’animation territoriale en cette année
olympique : 4 millions d’euros pour 4 000 collectivités et la modeste augmentation des crédits sport-santé (3 M), du sport féminin (1,5 M) du
sport étudiant (1 M) et pour le handicap (1,5 M) alors que 50% des personnes en situation de handicap ne pratiquent jamais
d’activité physique et sportive.