2023 - Pauvreté - Alimentation - Logement
MaJ - 24/10/2023 - 20:00
Pauvreté
- Trois quarts des bénéficiaires des minima sociaux, notamment du RSA (Revenu de Solidarité Active), sont pauvres monétairement. (étude de la Drees - Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques)
- Les membres des ménages bénéficiaires du RSA fin 2017 ont le taux de pauvreté le plus élevé en 2018 (75 %).
- En 2018, 60% des allocataires vivent sous le seuil de pauvreté en France (hors Mayotte).
- Les minima sociaux représentent plus du tiers du revenu disponible des ménages qui en bénéficient, soit 550 euros par mois en moyenne.
- La « fraude sociale » représenterait entre 6 et 8 milliards d’euros par an selon la Cour des comptes, la fraude fiscale représente entre 80 et 100 milliards d’euros.
- Selon l’Insee, neuf millions de personnes, en 2022, ont renoncé à certains produits ou services, comme s’acheter des vêtements neufs ou se chauffer correctement.
- Le taux de « privation matérielle et sociale » a atteint, l’an passé, 14 %, soit le pic le plus haut depuis 2013 (12,4 %), la première année où il a été mesuré.
- En 2020, avant la crise sanitaire, il atteignait 13,4 %.
- 10,2 % des ménages déclarent ne pas pouvoir chauffer suffisamment leur logement, contre 5 à 7 % entre 2014 et 2021.
- Les ménages sont également plus nombreux qu’avant la crise sanitaire à déclarer être dans l’incapacité financière de remplacer des meubles usagés (26 %, contre 24 % début 2020) ou de manger de la viande, du poisson ou un substitut végétarien tous les deux jours (9 %, contre 7 % début 2020).
- La proportion de ménages déclarant ne pas pouvoir se payer une semaine de vacances hors du domicile dans l’année augmente début 2022 (24 %, contre 22 % début 2020), alors qu’elle baissait tendanciellement depuis une dizaine d’années.
- Le taux de privation atteint 6,8 % parmi les couples sans enfants, 15,8 % chez les personnes seules mais 31,1 % parmi les familles monoparentales ; les habitants des zones rurales, qui ont des dépenses d'énergie plus élevées, sont ceux dont le taux de privation augmente le plus par rapport à 2020.
- La situation est d'une gravité sans précédent. La pauvrete repart à la hausse depuis 2022, du fait de la flambée des prix qui frappe d'abord les plus fragiles.
- Selon l'Insee, l'alimentation, le logement et le transport représentent à eux seuls 77% du revenu disponible des 10 % des ménages les plus pauvres.
- Selon le baromètre annuel du Secours populaire, publié le 6 septembre, 32% des Français ne font plus trois repas par jour.
- Il y a 1 million de travailleurs pauvres avec des contrats précaires ou des temps partiels imposés.
- Même en situation de plein-emploi, il reste 2 millions de chômeurs.
- Le projet du gouvernement :
- 15 000 emplois aidés vont être supprimés.
- Baisse de l'aide aux projets territoire zéro chômeur.
- La France compte plus de 300 000 sans-domicile, plus de 2 000 enfants dorment à la rue. La production de HLM et plus généralement de logements est au plus bas depuis 2017. Le gouvernement prévoit 2 milliards d'euros d'économies de plus sur le secteur d'ici à la fin du quinquennat.
- Malgré la crise, les minima sociaux continuent d'être rognés. Ils sont sous-indexés par rapport à l'inflation. En 2022, ils n'ont été augmentés que de 5,8 % et, cette année, la hausse a été de 1,6 % en avril. Rien n'est prévu pour compenser celle des prix.
- En 2019, 9,2 millions de personnes, soit près de 15% de la population française, possèdent un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian de la population, soit 1 102 euros par mois pour une personne vivant seule et 2 314 euros pour un couple avec deux enfants âgés de moins de 14 ans (chiffres INSEE).
- entre 2003 et 2019, parmi les 20 % des gens les plus aisés et les 20 % les plus modestes, les deux tiers sont restés dans la même catégorie.
- Selon le baromètre annuel du Secours populaire, 60 % des personnes interrogées estiment qu'au cours des trois dernières années, leur pouvoir d'achat a diminué. Cette année, 18% déclarent vivre à découvert, soit trois points de plus qu'en 2022.
Alimentation
- En France, une personne sur dix déclare ne pas manger à sa faim.
- Aujourd’hui 2,4 millions de citoyen.nes ont recours à l’ aide alimentaire, soit trois fois plus qu’il y a dix ans.
- Dans le monde, la crise alimentaire liée à la hausse des prix a porté à 10 % la part de la population sous-alimentée.
- Et 40 % de la population mondiale n’a pas accès à une alimentation saine.
- En juin 2022, près de 70 % des achats sur le marché du blé étaient effectués par des acteurs financiers, et 80 % des achats étaient purement spéculatifs.
- Les dix plus gros fonds d’investissements présents sur les marchés financiers des céréales et du soja ont réalisé près de 2 milliards de dollars de profits au premier trimestre 2022.
- Les vingt plus grosses entreprises agroalimentaires ont également réalisé des profits records sur les deux dernières années, en distribuant plus de 53 milliards de dollars à leurs actionnaires.
- L’alimentation ne représente que 14 % du budget des 20 % des ménages les plus aisés, sa part est de près de 19 % pour les 40 % des ménages les plus modestes.
- Près de la moitié des Français indiquent se priver de certains produits, dont la viande et le poisson.
- Dans l’industrie alimentaire le taux de marge a fortement augmenté en dépassant de près de 10 points son niveau d’avant la crise sanitaire alors que le coût de production a ralenti depuis mi-2022.
- Les taux de marge des géants de l’agroalimentaire, à savoir la part du bénéfice qui leur revient une fois qu’ils ont payé leurs salariés et couvert leurs coûts de production, a été, au quatrième trimestre 2022, supérieur de 5,8 points au niveau de 2018, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques.
- Dans l’alimentaire, le taux de marge est passé de 30 % à 45 % entre 2021 et 2022.
- Seulement 83,3 milliards des 100 milliards prévus ont été alloués aux pays du Sud en 2020, selon l’OCDE,
Précarité alimentaire
- La précarité alimentaire touche 10 millions de Français.
- Entre le dernier trimestre 2021 et le deuxième trimestre 2023, les prix ont augmenté de 18,4 % et les achats alimentaires des ménages ont diminué de 11,4 % en volume.
- Dans un sondage Ifop de juin 2023, 53 % des personnes interrogées ont affirmé avoir renoncé à l’achat d’un produit alimentaire « souvent » ou « de temps en temps ».
- Plus d’un quart (29 %) indiquent sauter un repas régulièrement, d’après le dernier baromètre du Secours populaire.
- L’étude du Crédoc de mai 2023 le confirme, la part des Français se privant de nourriture est passée de 12 à 16 % en six mois.
- La France compte quatre à cinq millions de bénéficiaires réguliers de l’aide alimentaire.
- Dix millions d’habitants ne mangent pas à leur faim.
- Près d’un jeune de moins de 25 ans sur quatre est « en insuffisance alimentaire quantitative ».
- Le plan prévu de 60 millions d’euros doit garantir l’accès des précaires à une nourriture de qualité…
- Si vous divisez ces 60 millions par les 4 millions de personnes bénéficiant de l’aide alimentaire, vous obtenez 15 euros par personne et par an.
- Alors qu’il y a entre 8 et 10 millions de personnes en France en situation d’insécurité alimentaire.
- Plus de 828 millions de personnes ont dû affronter la faim en 2021.
- En 2023, près de 1,3 million de personnes ont bénéficié des repas distribués par les Restos du coeur contre 1,1 million en 2022.
- L'ensemble des structures (restos du coeur, Secours populaire, Banques alimentaires, Croix-Rouge) ont constaté entre 7 et 9 % d'augmentation supplémentaire de leurs bénéficiaires pour le seul premier trimestre 2023.
Les minima sociaux
- Les minima sociaux ont été revalorisés de 1,6 % en avril 2023 alors que l’inflation devrait s’établir autour de 5 % cette année (source : OCDE)
- La réévaluation des munima sociaux n'aura lieu qu'en avril 2024, en se basant sur l’inflation des douze derniers mois, et devrait être de 4,6 %.
- 160 000 personnes pourraient même tomber dans la grande pauvreté, c’est-à-dire en dessous de 50 % du revenu médian.
- Leurs dépenses pré-engagées, celles qu’on ne peut pas rogner comme le loyer ou l’assurance, représentaient 42 % de leur budget en 2018.
- Une nette différence avec la part que cela constitue en général pour l’ensemble des ménages, soit 35 % (source : Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques - DREES).
- Il reste aux bénéficiaires moins de 14 euros dans leur porte-monnaie par jour et par unité de consommation, une fois les dépenses pré-engagées et alimentaires déduites. Pour les bénéficiaires du RSA, cette somme tombe à 9 euros.
- En 2019, les minima sociaux ont permis de réduire de 7,6 % le nombre de pauvres. Sans eux, 22 % de la population serait touchée (source : DREES).
- Les minima sociaux, RSA, Allocation adultes handicapés (AAH) et minimum vieillesse, réduisent de 6,6 l’intensité de la pauvreté. En tout, ils améliorent la vie de 6,9 millions de personnes, soit 10 % de la population.
- Si l’entrée dans l’emploi est le meilleur outil pour sortir de la pauvreté, elle ne garantit rien.
- 16 % des allocataires travaillent, mais la grande majorité à temps partiel, en CDD et dans des emplois peu qualifiés, avec un « salaire horaire médian inférieur d’environ 4 euros à celui de l’ensemble des salariés » (source : DREES)
Logement
- Près de 2 000 enfants couchent dehors. Parmi eux, un quart ont moins de 3 ans. Le nombre d'enfants sans solution d'hébergement a grimpé de 20 % par rapport à août 2022 et accuse une hausse de 124 % si l'on remonte à fin janvier 2022.
- Chaque soir au minimum, 6 000 personnes, dont 2 000 enfants, sont laissées sans solution quand elles appellent le 115 (plateforme de gestion des places d’hébergement d’urgence), sans compter celles et ceux qui renoncent à appeler ce numéro, qui est saturé (Source : Fédération des acteurs de la solidarité).
- Aujourd’hui, le total historiquement élevé de places d’hébergement d’urgence est de 204 000 (source : Fédération des acteurs de la solidarité).
- Aujourd’hui, la moitié des hébergements d’urgence est réalisée dans des hôtels, ce qui est à la fois bien plus onéreux que des places en centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) et inadapté aux besoins des personnes, notamment des familles (Source : Fédération des acteurs de la solidarité).
- Durant la nuit du 2 octobre, 2 822 enfants auraient dormi dehors dont près de 700 âgés de moins de 3 ans, faute de solution d’hébergement, soit une hausse de 42 %, par rapport au mois précédent. (Source : Collectif des associations unies, Jamais sans toit, Unicef France et la fédération de parents d’élèves FCPE, à partir des appels des familles au 115.)
- La Fondation Abbé-Pierre estime à 4,15 millions le nombre de personnes mal ou non logées en 2022.
- Près de 15 millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement.
- Moins de 90 000 logements sociaux seront construits cette année, moins qu’en 2022, et très loin des 125 000 en 2017 (source Union sociale pour l’habitat - USH).
- 65 000 nouveaux logements HLM seront construits à partir de 2028 (source Banque des territoires).
- Entre 2024 et 2040, il faudrait créer 518 000 nouveaux logements par an, dont 198 000 HLM, pour répondre aux évolutions démographiques liées notamment à la hausse des séparations, et résorber le mal-logement (source Union sociale pour l’habitat - USH).
- Fin 2022, le nombre de demandeurs de HLM a atteint le niveau inédit de 2,42 millions, soit 7 % de plus qu’en 2021.
- Avec un taux passé de 0,5 à 3 % en un an, les charges d’intérêts des organismes de logement social se trouveront alourdies de 3,75 milliards d’euros, impactant très lourdement leurs résultats d’exploitation et leur capacité à investir (source Union sociale pour l’habitat - USH).
- Depuis 2018, l’État non seulement a cessé toute aide budgétaire, mais ponctionne, en outre, tous les ans, autour d’un milliard d’euros aux organismes HLM, les contraignant à accroître leur dépendance à l’emprunt.
Quartiers prioritaires
- Les quartiers « prioritaires », qui ne concernent pas que les banlieues des grandes métropoles, regroupent 5,5 millions d’habitants dont 40 % ont moins de 25 ans.
Accès à l’eau
- À Mayotte, en 2018, le Syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement de Mayotte (Sieam) entre en conflit avec la SMAR, filiale de Vinci, estimant que celle-ci se sucre un peu trop.
- Un constat confirmé par la chambre régionale des comptes : les recettes augmentent de 11 à 25,8 millions d’euros entre 2008 et 2018) mais la part reversée au syndicat diminue de 45 % à 27 % sur la même période (source : le Monde).