2023 - Budget - Lois de finances - Profits
MaJ - 24/10/2023 - 13:00
Loi de finances
- La première dépense de l’État (un tiers de son budget) : les aides aux entreprises.
- Les niches fiscales ont coûté pas moins de 94,2 milliards d’euros à l’État en 2022, un record, après une hausse de 4,6 milliards sur un an.
- Les deux tiers de ce montant colossal ont été captés par les grandes entreprises.
- Sur les 160 milliards d’euros d’aides publiques versées sans condition ni contrepartie chaque année aux entreprises, les exonérations de cotisations sociales sont évaluées à près de 70 milliards.
- Budget 2024 : le gouvernement compte réaliser 16 milliards d'euros d'économies, essentiellement via la suppression progressive du bouclier tarifaire. Les six milliards d'euros d'économies restants seront issus de réductions d'aides aux entreprises, d'aides à la politique de l'emploi ainsi que par l'entrée en vigueur de la réforme de l'assurance-chômage.
Transports
- Le gouvernement a annoncé un nouvel impôt destiné aux secteurs polluants au nom de la transition écologique :
- Le rendement de cette nouvelle contribution fiscale devrait rapporter 600 millions d’euros par an dès 2024.
- Le groupe Aéroports de Paris (ADP) – qui gère tous les aéroports situés dans un rayon de 50 km autour de Paris, à l’exception des terrains militaires – a déjà annoncé qu’il prévoyait de « répercuter » progressivement jusqu’à « environ 75 % » de cette taxe sur les compagnies aériennes.
- Les compagnies ne paient ni de taxe sur le kérosène – un manque à gagner estimé à 7,2 milliards (source : Réseau Action Climat) – ni de TVA sur les billets d’avion internationaux.
- « Soit un total de 9,5 milliards environ, soit 66 euros ”offerts” par l’État au secteur aérien par passager » (source : Greenpeace).
Profits
Aérien
- Air France-KLM a doublé sur un an son bénéfice net, à 604 millions d’euros, et a dégagé une marge opérationnelle « record » au deuxième trimestre, à 9,6 %.
- Le groupe ADP a réalisé un bénéfice net de 211 millions d’euros entre janvier et juin, en hausse de 31,8 % sur un an.
Autoroutes
- Le groupe Vinci a enregistré un bénéfice net de 4,26 milliards d’euros en 2022, dont 2,2 milliards issus du pôle construction et énergies, soit la partie autoroutes.
- Depuis 2006, l’État a cédé près de 9 200 km du réseau à des sociétés privées, y compris la construction, l’entretien ou encore l’exploitation, dont la réglementation des tarifs des péages.
- En « 2017, l’ensemble des sociétés autoroutières ont dégagé un excédent brut d’exploitation de 7,3 milliards d’euros pour 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit une marge brute de 73 % (source : Arafer, autorité chargée de la régulation du secteur, devenue Autorité des transports).
Évasion fiscale
- L’évasion fiscale mondiale des multinationales en 2019 s’élevait à près de 900 milliards de dollars, contre 650 milliards chiffrés en 2016 (source : Observatoire européen de la fiscalité).
- La barre symbolique des 1 000 milliards de dollars partis dans les paradis fiscaux fut dépassée en 2021 et 2022.
- Grâce à l’échange automatique d’informations bancaires, l’évasion fiscale offshore a été divisée par trois, environ, en moins de dix ans.
- Si 10 % en moyenne du PIB mondial sont localisés dans les paradis fiscaux, seuls 30 % y restent dissimulés aux yeux des administrations fiscales.
- Les multinationales ont réalisé 2 800 milliards de dollars de bénéfices en 2022 et 35 % de cette somme, soit 1 000 milliards, ont été dirigées vers des paradis fiscaux.
- Les géants nord-américains sont responsables d’environ 40 % de ces transferts.
- L’impôt sur les sociétés a baissé de 8 points en cinq ans, en France. La fuite des profits reste constante (autour de 35 %), et son volume augmente.
- 56 % du montant total des bénéfices transférés vers les paradis fiscaux à l'échelle mondiale passent par des pays européens, les Pays-Bas et l’Irlande en tête, devant les places financières asiatiques.
- Si un impôt
minimal sur les bénéfices de toutes les entreprises était fixé à 25 %, cela permetrait de récupérer
250 milliards de recettes fiscales chaque année.
- Les 2 756 ultrariches ont des taux d’imposition effectifs de 0 à 0,5 % de leur patrimoine, en raison de l’utilisation fréquente de sociétés écrans pour échapper à l’impôt.
- Une ponction de 2 % sur leur fortune rapporterait 214 milliards de dollars.