2023 - Armement - Police - Justice
MaJ - 05/11/2023 - 18:00
- Les dépenses pour l’entretien de l’arme atomique n’ont jamais été aussi élevées : 146 500 euros à chaque minute qui passe pour les neuf États qui la détiennent, souligne le rapport de l’Ican (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires).
- Un coût en augmentation de 5 000 dollars par minute comparé à 2021.
- Pour la France, cette dépense est de 5,2 milliards d’euros, soit 10 603 euros par minute.
- Ce renouvellement des têtes nucléaires, missiles de croisière, des sous-marins lanceurs d’engins, etc., équivaut à peu près par minute à ce que coûte un étudiant par an, selon les chiffres de l’éducation nationale.
- À l’échelle mondiale, ce sont 82,9 milliards de dollars (77 milliards d’euros) qui sont dépensés en 2022.
- En 2015, l’Organisation des Nations unies (ONU) estimait à 267 milliards de dollars l’éradication de la faim dans le monde d’ici à 2030.
- Les États-Unis dépensent 43,7 milliards de dollars en 2022, loin devant la Chine (11,7 milliards) et la Russie (9,6 milliards).
- En ce qui concerne la marine – qui est pourtant si importante pour la défense de nos zones économiques exclusives – la cible des frégates de défense et d’intervention pour 2030 passe de cinq à trois unités, celle du système de drones aériens de quinze à huit, et celle des avions de surveillance et d’intervention maritime Albatros de treize à huit.
- De 5,3 milliards d’euros en 2022, le budget de la dissuasion passera à 7,6 milliards d’euros en moyenne annuelle entre 2024 et 2030, soit près de 50 % de hausse.
- Sur les 413 milliards d’euros de LPM (loi de programmation militaire), 53,6 milliards sont fléchés vers la dissuasion nucléaire.
- Les grands groupes français :
- Airbus, dont la filiale Arianespace produit les M51,
- Naval Group, propriété pour un tiers de Thales.
- En 2022, au moins 15,9 milliards de dollars de nouveaux contrats en nouvelles armes nucléaires ont été passés. Les compagnies qui les reçoivent (…) ont investi en lobbying auprès des gouvernements 113 millions de dollars en France et aux États-Unis.
- Le lobbying pro-dissuasion nucléaire prend parfois des chemins de traverse, comme le financement de think tanks. Dans le monde, dix d’entre eux ont touché entre 21,1 et 35,6 millions d’euros en un an de la part d’entreprises ou d’États liés à l’arme nucléaire.
- Un rapport paru en avril de l’Atlantic Council propose que Washington « reconsidère son interdiction actuelle de cibler délibérément des civils ennemis avec des armes nucléaires ».
- Cet Atlantic Council est financé à hauteur de plus de 4 millions de dollars par neuf compagnies liées à l’arme nucléaire.
- En 2021 le précédent rapport montrait qu’en France « la Fondation pour la recherche stratégique et l’Ifri participaient à un programme pour appuyer la dissuasion nucléaire ». Deux programmes de ces instituts sont soutenus par la direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère des Armées.
- Joe Biden, le président états-unien, a requis une aide d’urgence supplémentaire pour Israël, l’Ukraine et Taïwan, dont le montant global pourrait atteindre 105 milliards de dollars pour un an, un « investissement intelligent qui rapportera des dividendes pour la sécurité américaine pendant des générations ».
- Depuis février 2022, Washington a dédié 43,9 milliards de dollars d’aide
à l’Ukraine.
- Le
2 novembre, la Chambre des représentants des États-Unis a acté un soutien
militaire de 14,3 milliards de dollars en faveur d’Israël.
- Aux États-Unis la pauvreté, entre 2021 et 2022, est passée de 7,8 % à 12,4 %.
- Les budgets militaires des grandes puissances atteignent à nouveau des
sommes astronomiques :
- 413 milliards d’euros pour la France, 858 milliards de dollars pour les États-Unis.
- Le
financement des grands programmes d’armement pourrait être mieux utilisé, au bénéfice des populations et
de leur bien-être.
- En 2022, les dépenses militaires mondiales ont
atteint la somme colossale de 2 240 milliards de dollars ; une seule journée de
ces dépenses suffirait à résoudre tous les problèmes de santé, de
logement et d’alimentation de la population mondiale (source : ONG Oxfam).
Police
- « L’État fonctionne soit par le consentement volontaire des masses, soit par la force. Or, le néolibéralisme ne peut obtenir le consentement de tous puisque c’est une redistribution des richesses à l’envers, où une minorité d’ultrariches prend à la majorité. Cela ne peut passer que par le recours à la force, une gestion policière et autoritaire de la contestation. »
- Le gouvernement ne tient plus, en dernier ressort, que grâce à sa police. Et craint plus que tout une fraternisation des policiers avec les manifestants, où les CRS se retourneraient contre le pouvoir.
- Les effectifs des forces de sécurité ont augmenté de manière importante entre 2010 et 2020, en particulier dans la lutte contre l’immigration illégale (+ 31 %) et dans le maintien de l’ordre public (+ 10 %), alors qu’ils ont baissé de 10 % dans la sécurité et la paix publiques.
Justice
- Le délai de jugement d’une affaire civile devant le tribunal de grande instance, par exemple, est passé de sept mois en 2005 à 14 mois en 2019.
- 1 % des agresseurs, auteurs de vloiences sexuelles contre les enfants, sont punis, 99 % d’entre eux ne le sont pas.
- « Les juges croulent sous les procédures, doivent traiter parfois 50 à 100 dossiers en une matinée. » (Source Cour des Comptes).
Prisons
- Le coût global de « la politique d’exécution des peines d’incarcération », est évalué à 4 milliards d’euros en 2021 (+12 % par rapport à 2019) (Source Cour des Comptes).
- Avec un pic de 73 699 détenus, pour un nombre de places opérationnelles de 60 562, la « densité carcérale » a battu un nouveau record en juillet dernier, atteignant 121,7 %.
- Et 143 % dans les maisons d’arrêt, ces établissements qui accueillent les personnes placées en détention provisoire et les courtes peines.
- En 2019 « 90 000 années de prison ferme » ont été prononcées par les juges français, contre 54 000 environ en 2000 (+ 70 %).
- Le résultat d’une « répression accrue des violences intrafamiliales, des délits routiers ou des violences contre les forces de l’ordre », mais aussi de « l’augmentation du recours aux comparutions immédiates » et du « maintien à un niveau élevé (30 %) du taux de détention provisoire ».
- « L’effet des alternatives à l’incarcération » est très limité, elles « sont bien en augmentation, mais au même rythme que les incarcérations fermes. Il n’y a donc pas d’effet de substitution ».
- « Environ 75 % des détenus sont libérés via des ” sorties sèches “, sans accompagnement, la même proportion qu’en 1997 »,.
- Le ministère de la justice prévoit un plan de construction de 15 000 places et la création de 10 000 postes d’ici 2027.
Centres de détention administrative
- Depuis 2017, le nombre de places de rétention a augmenté de 1 488 à 1 869 places (source minsitère de l’Intérieur).
- Au total, 15 922 personnes y ont été retenues l'an dernier en métropole, et 27 643 en Outre-mer (source : rapport annuel des associations de défense des migrants).
- Le gouvernement a annoncé le doublement des places dans les centres de rétention dministrative (CRA), destinés aux sans-papiers en attente de leur expulsion, pour les porter à 3 000 d'ici à 2027 (source : ministère de l’Intérieur).